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Nous donner l’indigne honneur de nous sacrifier


Pascal GagnonRien n’est simple dans le dossier des aires protégées.  C’est un dossier crève-cœur où les leaders du milieu et l’industrie se voient octroyer la tâche ingrate de déterminer quels endroits seront soustraits à l’exploitation forestière. Pour se maintenir en vie, notre région doit décider de quelle manière 1000 emplois supplémentaires seront perdus.  Mille familles, des milliers d’amis, de cousins, de beaux-frères, d’ingénieurs, de spécialistes et d’entrepreneurs.

Nous avons l’indigne honneur d’être situés dans une région qui est suffisamment éloignée des grands centres pour ne pas avoir un potentiel de développement commercial et industriel assez diversifié qui pourrait tenter de maintenir en vie nos communautés.

Nos parents et amis qui devront se trouver un autre travail, qui prendront la route des grands centres pour une supposée vie meilleure, iront contribuer invariablement à la pollution de ceux-ci lieu de participer au développement et à la protection de notre forêt.  Parce qu’une forêt que l’on ne peut pas exploiter, c’est aussi une forêt que l’on ne peut pas protéger, découvrir, analyser, et développer d’autres manières.

 

Mais il y a le développement des molécules du bois, des fibres, des extraits intéressants pour les suppléments alimentaires et les cosmétiques.  Bien sûr, mais ce genre de produit fait généralement vivre plus d’entreprises dans les grands centres et nous ne sommes alors que les précurseurs qui seront irrémédiablement tassés ou exploités lorsque les profits seront présents.

Nous savons tous que la protection de la forêt est un point crucial pour l’industrie.  Les certifications FSC sont liées à la protection de certains secteurs forestiers.  La protection du Caribou Forestier en est un exemple concret, les massifs de protection faisant partie des éléments essentiels pour la certification FSC.

Également, quand on suggère de déterminer les aires protégées au nord, on prend un raccourci qui sera rapidement refusé par Green Peace et autres environnementalistes car les aires protégées doivent être déterminés pour des types de paysages et d’écosystèmes différents, et représentatifs dans toutes les unités d’aménagements forestiers.  Si on étale, l’application de ces aires protégées est retardée, est-ce que l’on prolonge seulement notre lente agonie

Finalement, c’est comme si on nous demandait de sacrifier encore de nos emplois pour conserver un semblant d’industrie forestière.  Pour ne pas mourir comme région et industrie, il faut réduire notre industrie forestière comme une peau de chagrin.

Est-ce que nous faisons ces concessions seulement parce que c’est une étape et que l’objectif ultime est de voir l’industrie forestière et le haut du lac disparaitre ? Est-ce que nos efforts ne seront récompensés que par d’autres plans de protection que nous devrons implanter nous-mêmes jusqu’à ce que la région soit complètement fermée économiquement ?

Bien sûr que le Jeannois Boréal, celui qui peut vivre ici parce que l’on peut exploiter la forêt, soit en voie de disparition n’émeut personne  à Montréal ou à Toronto. Que le Jeannois Boréal travaille activement et trouve toutes sortes de moyens pour exploiter la forêt d’une manière durable cela importe peu. Pour le citadin, chaque coupe d’arbre est un meurtre réel, qui doit s’arrêter à tout jamais, quitte à sacrifier toute une région et ses citoyens.

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 Pascal Gagnon

Porte-parole en matière d’industrie Forestière
Regroupement des Chambres de commerce du Saguenay-Lac-Saint-Jean

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