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La différence entre presser le citron et productivité et pourquoi le premier coûte très cher


Les nouvelles idées et les bons principes nous viennent de toutes les sources.  Pour celle-ci, une conversation avec mon voisin qui voulait changer de travail et qui s’en est trouvé un autre est l’inspiration.

En discutant sur les raisons qu’ils l’ont motivé à changer de travail, il m’indique que dans l’entreprise ou il travaillait, de nombreuses caméra étaient présentes un peu partout sur le site.  L’objectif selon lui était de limiter le temps de discussion entre les différents employés. Dans son travail de mécanicien diésel, il disait que les superviseurs discutaient clairement des pertes de temps que les employés avaient lors de discussions quotidiennes.

Est-ce que c’est une bonne idée?

On peut imaginer que les gestionnaires de l’entreprise se sont rendu compte que les employés perdaient beaucoup de temps pour discuter en dehors des temps de pause prescrits.  On peu estimer facilement que 10 minutes le matin et l’après midi sont perdus par employés.  Avec la technique du presse-citron, si on prend 10 employés, on peut faire un calcul simple.

20 minutes par employés, par jour, pour 230 jours travaillé par année.

20 min * 10 emp. * 230 jours = 46 000 minutes ou environ 20 semaines de travail.

C’est pratiquement le travail d’une personne à temps plein pour une demi-année!  Vraiment les gestionnaire ont bien calculé leurs pertes et ont voulu rendre les gens plus « productif » en supervisant toutes les pertes de temps dans une journée.

Quel est le résultat?

Mon voisin, qui avait 3 ans d’ancienneté dans cette entreprise, a quitté et 3 autres personnes depuis qu’il l’a fait, au début de l’été.  Il m’a dit que c’est 15 employés qui ont quittés dans la dernière année. Un taux de roulement assez fort pour une entreprise qui n’est pas très grande.  Combien est-ce que l’on peut estimer les coûts de ce fort taux de roulement?

Estimons ici que chaque nouvel employé n’est pas très productif dans les 3 premiers mois de l’embauche. Donnons-lui 30-50% de productivité.  Estimons aussi que ceux qui ont de l’ancienneté connaissent les équipements et les machines qui sont sur place donc beaucoup plus productif.  Donnons-leurs entre 80% et 120% de productivité.  Chaque nouvel employé demande aussi un peu plus de supervision, de formation et d’entraînement à l’interne. Ceci aussi entraîne des coûts.

De bonnes relations au travail est important pour les employés.  Mon voisin m’a dit qu’il se levait à 7h le matin pour aller travailler et que cela était pénible.  Il se lève maintenant à 5h pour un travail qui le paie 2-3$ de moins et il est tout plein d’entrain.  Sa jeune apparence me porte à croire qu’il devait être une recrue pour son employeur précédent et qu’il a du être formé à son arrivée. Il trouvais que le fait de ne pas pouvoir échanger avec ses collègues rendait l’atmosphère lourd au travail.

Finalement, on peut estimer que chaque nouvel employé coûte 50% de son salaire annuel en perte de productivité, erreurs, formation, supervision.  Ceci en plus de son salaire de base. C’est près de 10 fois plus que les 20 semaines de « perte de temps » que l’on avait avant l’installation des caméras.

La productivité demande d’analyser les postes de travail et les outils utilisés pour vérifier s’il n’y a pas une manière plus productive d’effectuer le même travail.  Ce n’est pas de faire travailler plus vite, plus fort, plus longtemps.

Fait à noter, le style de leadership à aussi un effet très important sur la productivité.  Un style de leadership d’autorité incite une productivité de 30% par les employés.  Un style de leadership de crédibilité peut faire monter cette productivité à près de 80%.  On ne parle même pas d’organisation du travail mais bien des relations entre les superviseurs et les employés.

Maintenant, comme au Québec, les chefs ont raisons, et qu’ils persistent et signent, il y a peu de chance que celui qui a mis cette pratique en place s’en rendent compte et veuille le modifier.  La gestion du changement débute par la compréhension du travail des

Est-ce que cet article vous a aidé?  SVP, faite-moi savoir dans vos commentaires les sujets qui pourraient vous intéresser un peu plus.

  1. Marie-Eve Brousseau
    31 août 2010 à 7 h 48 min

    Bonjour Pascal.
    Je ne suis ni chef d’entreprise, ni employée mais étudiante (retour).
    Je suis ENTIÈREMENT d’accord avec cet article. La productivité est un signe de piasse… Dans la vraie vie, ce sont des humains qui travaillent, pas encore des machines. Mais il semble que les dirigeants d’entreprises n’en soient pas encore au courant.
    Je connais personnellement des entrpreneurs… Ils ont trouvé une solution pour être et productif et rentable… Laquelle?
    La confiance en leur employés…
    Chaque matin, ces derniers entrent au travail. Ils ont les instructions pour partir et Hop! Au boulot!
    Pas de surveillance, la possibilité de donner son avis…

    Cet entrepreneur a su s’entourer de personnes qui le complètent… Ils déteste les chiffres, Il a une secrétaire magnifique, qui fait tout le boulot de paperasse (inventaires, fatcurations, paiement des comptes etc) à sa place… il signe les chèques et ne pose pas de questions. Il a CONFIANCE!!!!

    C’est, je crois, ce qui manque aujourd,hui, dans les entreprise… un manque flagrant de confiance au potentiel humain. Nous avons cette capacité qu’on appelle ADAPTATION… Peu d’employeurs y font aussi appel…

    J’espère que ton article saura en faire réfléchir quelques uns…

    MEB, future employée heureuse…

    • 31 août 2010 à 11 h 17 min

      Bonjour Marie-Eve,

      Je ne sais pas comment vous avez trouvé mon blogue mais vous semblez y être attachée un peu. Merci beaucoup.

      Effectivement, instaurer une culture de discipline et de confiance est beaucoup plus profitable que de faire de la discipline et imposer une culture d’autorité.

      Il est certains que parfois, il est probable que desemployés ne soient pas à leur place ou qu’ils ne soient pas déjà individuellement assez disciplinés pour entrer dans ce genre de moule.

      General Électric a fait de belles expériences dans une usine d’assemblage de moteur d’avions et le tout s’est passé à l’embauche et dans l’esprit d’équipe. Les équipes étaient tellement soudés que tout le monde voulaient le succès pour chaque assemblage et améliorer le nombre de moteurs assemblés par mois.

  2. Marie-Claude Jobin
    3 septembre 2010 à 7 h 54 min

    Bonjour M. Gagnon,
    Votre article m’interpelle au plus haut point. Pour moi, productivité équivaut à rentabilité, mais pas au détriment de bonnes relations de travail.
    Il est souvent très important pour une usine de faire une étude approfondie des différentes étapes de production afin de les optimiser. Les gestionnaires ont à coeur de rentabilisé les machines et les employés. S’il est louable de vouloir tirer le meilleur profit de ces derniers, il ne faut pas oublier que c’est l’humain derrière toute la mécanique qui permet la production et par ricochet, la rentabilité. Si l’employé ne sent plus qu’il existe un lien de confiance avec son employeur, comme vous l’avez exprimé dans votre article, ce sont les deux qui perdront au change. L’employé sera malheureux, et l’employeur perdra en productivité.
    Malgré toute la bonne volonté du monde, il est impossible pour un être humain d’être toujours à 100 %. Certains jours, il ne sera qu’à 70 % et d’autres à 110 %. C’est pour cette raison que la confiance envers les employés permet de prolonger leur fidélité et leur engagement au travail. Vos chiffres démontrent bien que l’expérience qu’un employé acquiert au cours des années vaut son pesant d’or.
    L’inverse est aussi vrai, car si la confiance règne au sein d’une entreprise, cela ne signifie pas que les employés donneront le meilleur d’eux-mêmes. D’ailleurs, le travail de bureau est une des activité la plus difficile à évaluer par les employeurs, car contrairement à une usine, il est difficile de voir les pertes de temps. Il faut cependant rester prudent, car si les employés ne sont pas productifs, il est aussi de la responsabilité des gestionnaires de fournir les moyens et la formation adéquate afin d’y remédier. Le tout, en s’assurant de conserver des liens de confiance entre employeur et employé. Tout un contrat!

    • 3 septembre 2010 à 8 h 08 min

      Bonjour Mme Jobin,

      Effectivement, on ne peut être tout le temps a 100% ou même 80% de productivité. Par contre, la relation de confiance entre employés et employeurs est ce qui va aider le plus possible la productivité.

      Escellent commentaire!

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